
Vous connaissez le wombat ? Un petit marsupial australien, qui construit sa maison avec ses propres excréments, creuse des galeries qui régénèrent le sol et accueille d’autres espèces dans son refuge en cas d’incendie ? Et bien ce petit animal, c’est un peu mon idéal. Comprenons-nous, je ne parle pas des tunnels creusés par 40°C et enduits de crotte, mais du côté super résilient, ingénieux et coopératif de l’animal.
En matière de transition, je suis loin d’être exemplaire. J’ai souvent la flemme de faire du vélo, je ne suis pas vraiment végé, bref je suis bien placée pour progresser. Je m’entoure donc de gens meilleurs que moi (des wombats locaux) à qui je pose pas mal de questions, et qui me partagent leurs bonnes pratiques et leurs engagements. Et hop, je répète tout dans ma chronique.
Vins bios et vins natures, comment s’y retrouver ?
Cette semaine, je me suis demandée quelle était la différence entre vin bio et vin nature. Il se trouve que je connais deux Hervé, tous les deux cavistes, l’un en vins bios et l’autre en vins natures. L’occasion est trop belle. Je les appelle.
Pour notre spécialiste des vins bios, le premier point, c’est l’absence d’intrants chimiques.
“Les vins conventionnels en contiennent beaucoup, et grâce à une meilleure information, les consommateurs ont pris conscience de ça. Il y a aussi deux fois moins de sulfites dans les vins bios. ”
Le cahier des charges du vin bio interdit tout intrant chimique, donc pas de pesticide, d’herbicide, de fongicide, et limite l’utilisation de sulfites. Là, je comprends que j’aurais moins mal à la tête les lendemains de festin. Mais alors, c’est quoi la différence avec un vin nature ?
“Le vin bio est forcément labellisé bio, ce qui signifie forcément que sa culture est entièrement bio.”
Et donc, que faut-il regarder sur l’étiquette pour ne pas se louper ?
“La mention “mis en bouteille à la propriété/ au domaine” qui signifie que le produit n’a pas été transporté ; le logo AB France qui assure un cahier des charges sérieux ; et le logo européen, qui est obligatoire.”
Pour le reste, comme le dit Hervé,
“les viticulteurs bio ont une démarche authentique, une démarche qui laisse parler la vigne et le raisin.”
J’ai une partie de mes réponses et je compose désormais le numéro d’Hervé “vins natures”
(j’utilise un procédé un peu sophistiqué à base de surnoms pour que vous compreniez bien la démarche).
“ La vraie différence, c’est ce qui se passe dans les cuves, une fois le raisin récolté. Pour faire simple, il faut retenir qu’à la vigne, le vin bio et le vin nature sont cultivés de la même manière, c’est-à-dire sans intrants chimiques.
Tous les vignerons naturels n’ont pas le label bio, mais ils sont tenus d’utiliser du raisin bio. C’est la base.”
Hervé insiste sur le fait que c’est au moment de la vinification qu’il y a une différence entre vin bio et vin nature.
“Les producteurs de vins bios sont autorisés à utiliser certains ajouts pour travailler le vin (des éléments bios uniquement), là où les producteurs de vins naturels n’ajoutent rien. Ils travaillent leur vin selon certaines techniques, pour le faire évoluer, mais n’ajoutent pas de levures dites “exogènes”(ndlr : qui viennent de l’extérieur).”
Je comprends donc que le vin fermente uniquement grâce aux levures naturelles déjà présentes sur le raisin, il n’est pas “corrigé” par la main de l’homme. Une dose minime de sulfites peut être ajoutée (maximum 30mg/l) par certains vignerons.
Et sur l’étiquette, qu’est-ce qu’on vérifie ?
“Depuis un an, les ingrédients du vin doivent tous être listés, c’est là qu’on peut voir si des choses ont été ajoutées.
C’est le meilleur moyen de savoir si le vin est nature ou pas.”
En résumé, on regarde l’étiquette et on mise tout sur les Hervé.
Je vous laisse, j’ai d’autres wombats sur le feu. Je vous raconterai, promis.
MANON LIDUENA
Mais qui sont les Hervé ?
Hervé Zabé est caviste à la Biocoop de Keryado.
Hervé Durand est caviste à Carnet de Vins à Lorient.

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