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Campement artistique pour littoral

Par Isabelle Nivet. Août 2022

CAMP FONDALOR SORTIES DE SECOURS

Pendant un mois, l’ancien camping de Pen Mané, niché dans le dos du fort du même nom, abritera un « Campement artistique pour littoral », un projet emmené par CAMP, structure de programmation artistique dans l’espace public.

Faisons la visite du lieu en compagnie d’Amélie-Anne Chapelain, à l’origine de l’idée : nous nous étions retrouvées en avril pour qu’elle me présente le site, que je puisse imaginer quel serait le résultat de ses envies. Un site de petite taille, que le regard pourrait embrasser d’un seul tenant s’il n’était pas prolongé par les marais qui noient le regard vers un presqu’infini. Un léger parfum de vacances années 70, comme un jardin public un peu vieillot. Des jeux pour enfants, des bancs, des haies. Comme une appli de réalité augmentée, Amélie-Anne rêvait à voix haute l’aménagement des lieux, et moi je calquais dans ma tête ses descriptions sur le paysage.

Fin août, le site a ouvert et le projet a éclos. Dans ce camping-jardin qui devient un tiers-lieu hybride, des structures temporaires créent des espaces de rencontre et de travail, imaginées par l’architecte Guillaume Jouin (Lieux Architecte). Des structures légères et solides à la fois, faites d’échafaudages en galva : un pavillon d’accueil, une buvette-guinguette, un laboratoire pour les artistes, un belvédère-observatoire…

Et il s’y passe quoi ?

Oubliez l’esprit festival :  l’idée du projet est d’imaginer d’autres façons d’aller à la rencontre de l’art et de la culture. Amélie-Anne Chapelain parle de sa programmation comme celle d’une treizième salle du Pays de Lorient, une salle ouverte sur le ciel, sans murs, une scène d’herbe, de terre ou de pavés, cherchant à « ouvrir le potentiel d’usage de demain »… Avec des artistes qui vont et viennent le temps qu’ils veulent, pour chercher, inventer, partager… Amélie-Anne décrit cela comme une « antichambre de la création, une autre façon de voir et regarder les artistes ».

Une autre façon ? Dans et avec la nature, d’abord. Par la rencontre avec les artistes, ensuite, pour qui ce campement sera un espace de travail ouvert au public. Oubliez donc la « consommation » qui règne dans les festivals, l’enchaînement des spectacles, l’obligation d’arriver à l’avance pour trouver une place, les barnums en plastique blanc, la foule. Oubliez les cracheurs de feu, les spectacles-spectaculaires, les grosses machines, on est ici sur le sensible, l’impromptu, la surprise. Il vous faut prendre le risque qu’il ne se passe rien au moment où vous viendrez, mais ce rien permet aussi de découvrir la contemplation depuis le belvédère, ou la lecture, avec un fonds mis à disposition, en attendant qu’un artiste surgisse, ou que quelqu’un fasse de la musique, ou qu’un atelier commence. Prenez comme prétexte un café, un diabolo-grenadine, ou quelque chose à grignoter, c’est Maison Glaz, le tiers-lieu de Gâvres, qui assurera la cantine. Ensuite, la rencontre se fera sans doute, peut-être, avec l’un des danseurs présents sur le site, en train de s’échauffer, puisque plusieurs compagnies vont se succéder pour y travailler, ou avec un garde littoral, des guides du patrimoine, des gens du Conservatoire du littoral ou de Bretagne Vivante. Un programme des animations sera affiché chaque jour, s’inventant avec les artistes présents sur le site : des lectures, des émissions de radio (Balises), des veillées, des soirées, des ateliers, des bals…

« Venez, y a rien à voir », elle dit, Amélie-Anne. Et bien sûr, ce n’est pas vrai, hein…

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