Baloji. Révélation

Dans Sorties de secours, on écrit pas souvent sur la musique, puisqu’on a confié la tache à Radio Balises, mais on aurait aimé chroniquer 137 avenue Kaniama, le nouvel album de Baloji, au printemps dernier, lorsqu’il est sorti. Un album qu’on écoute en boucle et qui nous fait fondre, onduler, groover, frémir, réfléchir, tout ça en même temps.

Ecoutez tout Baloji : tout est bien, tout est bon, chaque morceau est différent, à la fois électro, pop, afro, boum boum, disco, rap, funk, mélodique, incursions éthiopiennes, maliennes, congolaises, sans jamais avoir cette impression désagréable d’ethno-musique poussiéreuse. Et c’est ça qui est fort avec Baloji, c’est probablement le premier et le seul – peut être parce qu’il est belge – à avoir pris les influences africaines de façon moderne, glamour, sexy, rock et rejeté les clichés pour intégrer ces références dans sa mythologie. Aussi bien musicalement qu’esthétiquement. Il suffit de regarder le clip démentiel de Bleu de Nuit (ici), qu’il a réalisé, en s’inspirant du travail du formidable photographe Patrick Willocq (là), qui crée des œuvres super poétiques et ultra colorées entre Mondino, Martin Parr et Pierre et Gilles. Franchement un des trucs les plus beaux qu’on ait vu ces dernières années. Dans l’univers de Baloji tous les fondamentaux afros sont là, mais assemblés d’une manière à constituer une culture moderne et pop en soi, mais aussi empreinte des cultures rock et cinématographiques d'Occident, qui n’est pas sans rappeler les romans de Chimamanda Ngozi Adichie.

Et c’est pas tout : après le corps, les yeux et les oreilles, vous allez utiliser aussi vos neurones pour plonger dans les textes de Baloji, qui ne sont ni du rap ni du slam. Baloji DIT, comme un poète groovy, des textes qui témoignent d’un regard singulier sur l’amour et le sexe beaucoup, sur la vie aussi, une belle écriture à la fois remplie des préoccupations d’aujourd’hui, mais aussi nourrie de références littéraires, cinématographiques et artistiques.

ISABELLE NIVET

 

Tu me donnes trop envie

Cette phrase, on l'entend chaque week-end quand on rencontre nos lecteurs...Parce que dans le Mémo Culture qu'ils reçoivent tous les jeudis au petit-déjeuner, on leur transmet notre désir. Notre désir de vibrer, de rire, de soupirer, de rêver, de s'émouvoir et de sortir.

Envie d’avoir envie ?

 

x