Le Misanthrope

Le Misanthrope, on vous en dit tout le bien qu’on a pensé de cette adaptation du grand classique de Molière par Dana et sa tribu.


Le Misanthrope, c’est Alceste, joué par Dana lui même, qui s’empare du personnage avec finesse, osant en faire un amoureux ridicule, mais aussi un homme de paradoxes, profondément humain. Un travail d’orfèvre a été fait sur les personnages, décortiqués, analysés, compris par les comédiens, ce qui leur permet d’intégrer l’alexandrin dans le jeu sans se faire balader par la musique hypnotique des vers, avec la vertu de nous faire entendre le propos avec une clarté rarement égalée.


Tout ça pourrait faire passer le spectacle pour quelque chose de très cérébral ou psychologisant mais voila que les Possédés, aujourd’hui renommés Collectif du Théâtre de Lorient - oui, ce nom est triste comme un dimanche pluvieux de janvier en ex RDA – Les Possédés, donc, possèdent une arme fatale, la potacherie, l’irrespect, le grand coup de pompe dans ce qui se fait au théâtre, la marrade adolescente. La pièce est  ponctuée de saynètes burlesques, très dessinées par les costumes hyper créatifs, les attitudes finement prises en charge par les corps, et la bande son – ahhh, la bande son à elle seule vaut le détour, de Michel Legrand à Queen – qui font de ce spectacle à la fois un grand éclat de rire, un hommage intelligent à Molière, et une réflexion sur la vie en société et les rapports humains.


ISABELLE NIVET, OCT 18
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