© Jerome Witz

Melanie de Biasio

On vous en parle parce que malgré tout vous auriez pu passer à côté de cette chose magnifique, ce son feutré, parfait, ces tempos retenus et extatiques, de cette langueur, cette sensualité, qui collerait des frissons aux plus cérébraux, qui remuerait les plus réfractaires au down tempo. Difficile de ne pas craquer, fondre, onduler, suffoquer, s’abandonner totalement à cette voix de dingue - au moins égale à celle de Nina Simone - à ces climats subtils, qui convoquent légèreté du clavier à la Philip Glass, envolées jazzy, grandes chanteuses bluesy, tout autant que les monstres du trip-hop, Portishead, Massive Attack ou Morcheeba. Et ce n’est pas tout. Parce que Mélanie de Biasio possède une arme fatale : une flûte traversière dont elle fait ce qu’elle veut, bruitiste, impro, jazzy, accents à la Debussy, et qui vlan, vous embarque ailleurs, quand vous croyez vous être posé dans un transat, non, on repart en hors-piste, paf un trip à la Moon Martin, sa voix se transforme, bim la Peggy Lee de Fever, hop un coup dans la poudreuse, c’est bon, elle maîtrise toujours, batterie jazz, percus inventives, et bam, elle dévale, elle dévale, piano élégant et dry Martini, James Bond girl passant d’un hélico à un jet ski, électro rock, elle sait tout faire, et nous on s’extasie, on fond, on bave, et on lui file les clefs de la Twingo direct. On écoute ici

ISABELLE NIVET
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