Nicolas Bonneau. Les Malédictions. Théâtre

• Vu au Strapontin, Pont-Scorff, le 23 novembre 2017 •

Tout juste créé, le nouveau spectacle de Nicolas Bonneau («Sortie d’usine», «Ali 74, le combat du siècle») ne l’implique cette fois pas en scène, une nouveauté initiée avec «Looking for Alceste». C’est deux artistes un peu hors cadre qu’il met en scène, la chanteuse Fannytastic et la marionnetiste Hélène Barreau. Complètement comédiennes ici, ces deux personnalités irradient chacune à leur manière, Barreau en petite souris effacée, étrange portefaix des matières qu’elle manipule en scène, et, Fannytastic en récitante inquiétante et caustique, sourcil levé dans une subtile remise en cause de ce qu’elle raconte. C’est déjà, là, l’intérêt du traitement que réserve Bonneau à ce spectacle créé d’après collectage : être à la fois dans le récit «sensationnel» et dans le scepticisme. Il faut dire que Bonneau a choisi, à travers l’histoire d’une jeune femme qui s’installe à la campagne et découvre des phénomènes étranges, de parler de l’inexpliqué, depuis le rebouteux en passant par la sorcière, le magnétiseur et autres experts des sorts et antidotes, porte-malheurs et amulettes... Selon les personnalités des spectateurs, les réponses aux questions posées seront différentes, mais davantage que le fond, c’est le traitement plastique qui nous a ici intéressé, avec l’utilisation d’un matériau inattendu, la céramique, du blanc du kaolin, qui se décline sous différentes formes, du volume à la poussière, et vient trancher sur le noir omniprésent du spectacle, imposant une esthétique singulière dans laquelle le spectateur projettera ses références et influences, les nôtres balayant Dorian Gray, Mythe de Cthulhu, cabinet de curiosités, salle des visages du dieu Multiface de Game of thrones, museum d’histoire naturelle d’Adèle Blanc-Sec... Une scénographie accompagnée d’une création lumière – les deux signées par Rodrigue Bernard, à qui l’on attribue d’emblée un Sorties de Secours d’or – qui fait naître une ambiance au bord du fantastique, dont on peine à se détacher, des semaines après avoir vu le spectacle...

ISABELLE NIVET
Février 2018

Tu me donnes trop envie

Cette phrase, on l'entend chaque week-end quand on rencontre nos lecteurs...Parce que dans le Mémo Culture qu'ils reçoivent tous les jeudis au petit-déjeuner, on leur transmet notre désir. Notre désir de vibrer, de rire, de soupirer, de rêver, de s'émouvoir et de sortir.

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