Nous voulons des coquelicots. Fabrice Nicolino et François Veillerette

Peu importe le flacon pourvu qu'on ait le livresque. C'est ainsi que ce mois ci, l'on s'intéresse bien plus au fond qu'à la forme. Ce manifeste se pose comme une véritable épopée de verts, combattant l'agent orange.
Par MORGANE THOMAS

1962. Rachel Carson publie Printemps silencieux. Elle décrit les « élixirs de la mort » qui tuent insectes, oiseaux et humains. Et, alors que Claude François nous chante les progrès de la science de « cette année là », d'autres prennent conscience qu'on est, bel et bien, en train de se faire spoutniquer. « Nous pouvons vivre sans oiseaux et sans animaux mais nous ne pouvons vivre sans business » : la messe est dite. Et ce sont de violentes critiques qui s'abattent sur « ce qui n'est qu'une femme ». Poussée par des idées communistes, ce suppôt de Satan est sûrement une lesbienne aux mains du KGB... C'est sur ce joli terrible terreau que sont semées les premières graines viciées. Personne ne peut à présent fermer les yeux sur ce qui nous attend, pourtant le lobbying se saisit du moment pour se faire souverain de la désinformation. Carson devient d’ores et déjà coupable du crime de lèse-majesté. Faisant la pluie et le beau temps sur nos chères cultures, une poignée d'hommes veille à essaimer le doux poison, et se charge d'occuper les postes d'homologation. Dans la presse, on minimise les erreurs pour ne pas faire peur. Le cousin du gaz sarin devient à la fois formidable et biodégradable. Les gouvernements se succèdent quand aux Antilles on décède. Les sols sont souillés pour les siècles et les siècles, Amen. Sous la droite, le Gaucho entre. Sous la gauche la tuerie des ruches se poursuit. Un pesticide de perdu c'est dix de ses copains qui viennent.

Alors si vous rêvez de sauver le monde sans mettre un slip rouge par dessus votre legging bleu, mettez vous au vert en un clic : nousvoulonsdescoquelicots.org

Tu me donnes trop envie

Cette phrase, on l'entend chaque week-end quand on rencontre nos lecteurs...Parce que dans le Mémo Culture qu'ils reçoivent tous les jeudis au petit-déjeuner, on leur transmet notre désir. Notre désir de vibrer, de rire, de soupirer, de rêver, de s'émouvoir et de sortir.

Envie d’avoir envie ?

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