Olivier Adam. Chanson de la ville silencieuse. Livre

PAR MORGANE THOMAS. Juin 2018

Adamophile depuis le début, autrement dit femme-fan non pas du chanteur italien mais de l'auteur français, je préfère être sincère et vous avouer que je manque complètement d'objectivité. Le mieux : le lire pour vous faire une propre opinion et qu'on en discute autour d'un bon saucisson*.

Accepter le défi, c'est partir à la recherche d'un homme élimé et flétri, musico-alcoolo-débris, un homme qui aurait marqué les mémoires de milliers de gens avant de se jeter dans l'oubli. Un homme qui laisserait derrière lui l'ombre d'une fille s'étonnant que les gens se penchent sur son être, et s'interrogeant sur ce qui peut, chez elle, intéresser. Quelqu'une qui rentre chez elle à pas de loup et tenterait de se tapir dans un univers tamisé. Une fille noyée sous les obsessions depuis que la chronique de la mort de son père lui a été annoncée. Soudain elle se tait, elle se terre, elle s'enterre. Elle semble faite de ce qui l'entoure, plus très sûre de la limite poreuse qui sépare son dedans du dehors. Un ami a vu le sosie de son père à Lisbonne, elle court sur la toile et retrouve les photos d'un homme décharné. Frappée par la perplexité, ses mots se déchaînent de leur sens. Elle sait que son père était comme blessé, rayé par un dernier album sévèrement critiqué. Il s'est lui même extrait de la réalité. Barré du monde, même son corps-enveloppe s'était asséché, et ne semblait plus incarné. Pour elle : l'enfance est exsangue de toute constance maternelle, et remplie d'une absence paternelle, une enfance trouée dans un langage, où pratiquement rien n'est parlé. Pour lui : après avoir diffusé sa parole sur toutes les ondes et sur toutes les scènes, avoir abusé des excès sous toutes leurs formes, il revient néanmoins à un ascétisme verbal, proche du mutisme, ses mots se sont raréfiés. On perçoit un trop grand fossé entre l'image de l'homme et l'homme dans sa réalité, une vie qui finirait par appartenir davantage aux autres qu'à lui même.

Adam, l’écorché


On brûle, on suffoque, on souffre, on se noie, on se heurte, on s'abime, on s'érafle et on choit. Quand l'extérieur agresse, et quand l'intérieur dévore, que reste-t-il de cher ? La plume d'Adam, qui m'est si chair, même si l'on sent la résilience pointer nez, est à nouveau signée d'une main d'écorché.

 

* C'est juste pour l'alexandrin, on peut évidemment manger autre chose.

Tu me donnes trop envie

Cette phrase, on l'entend chaque week-end quand on rencontre nos lecteurs...Parce que dans le Mémo Culture qu'ils reçoivent tous les jeudis au petit-déjeuner, on leur transmet notre désir. Notre désir de vibrer, de rire, de soupirer, de rêver, de s'émouvoir et de sortir.

Envie d’avoir envie ?

 

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