Onzième roman, livre dix huit. Dag Solstad

PAR MORGANE THOMAS

Turid Lammers est le genre de fille lumineuse pour qui Bjorn Hansen abandonne femme et enfant. Sa nouvelle épouse devient omniprésente dans cette petite ville Norvégienne. Cette femme castratrice étrique désormais sa vie. Plus Lammers prends de la place, plus Hansen se ratatine, devenant insidieusement insignifiant. Mais quand cet astre commence à perdre de son intensité, son cercle se restreint, s'amenuise. Hansen s'interroge alors ce qu'il a vraiment aimé chez cette femme, et sur l'intérêt qu'il y a à n'être plus que l'ombre d'une ombre. A l'aube du reste de sa vie Bjorn Hansen se retrouve dans une sorte de solitude routinière, et c'est à ce moment là, qu'il fomente un «  plan  ». Mais un fils qu'il ne connait pas vient s'imposer à lui. Il parait étrange, obsessionnel, coupé des autres. Les deux hommes ne partagent rien. L'œuvre bascule alors de l'oppression à l'agacement. Quand le fils occupe tout l'espace sonore, le père se mure dans un profond silence. Plus l'un se montre sûr de lui, plus l'autre est en proie à des doutes. Le «  plan  » est mis en scène au dernier acte, mais déjà l'ambiance lourde présage du pire.

Imprévisible


L'intérêt de ce roman réside en partie dans le fait qu'il ne va jamais où on l'attend. La répétition des termes rend le récit suffocant. Les voix trop fortes poussent à l'assourdissement, et étouffent les non-dits. Les rythmes changent et nous déroutent ; l'absence de chapitre nous égare. L'œuvre essaime des descriptions incongrues qui semblent avoir pour unique fonction de mettre le lecteur en attente d'un drame inéluctable : l'histoire d'un homme qui devient objet et menue monnaie.

L'auteur


Dag Solstad, écrivain norvégien, a reçu de nombreux prix, dans les pays nordiques, Honte et dignité, en 2008, a été également traduit en français, le titre Onzième roman, livre dix- huit, en 2018, ne peut être plus clair. À noter, le livre est préfacé par Haruki Murakami :-)

Editions Notabilia
238 pages
17 €

 

Tu me donnes trop envie

Cette phrase, on l'entend chaque week-end quand on rencontre nos lecteurs...Parce que dans le Mémo Culture qu'ils reçoivent tous les jeudis au petit-déjeuner, on leur transmet notre désir. Notre désir de vibrer, de rire, de soupirer, de rêver, de s'émouvoir et de sortir.

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