Infos organisateurs
Ambroise Tézénas
Exposition

I was here

Dans le cadre des rencontres photographiques.


Tchernobyl, Ukraine. Prypiat, ville fantôme au milieu de la forêt. Cité perdue de l’histoire contemporaine qui respire encore l’apocalypse. Les gardiens du temple veulent en faire un musée, un vestige de l’ère soviétique. L’école en fin de journée est d’une incroyable tristesse, les cahiers d’écoliers sur les tables, des chaussures oubliées. La ville de Prypiat a de quoi surprendre. Les touristes. Un groupe de huit, Suédois et Américains, l’appareil en bandoulière, les mains dans les poches. Devant le réacteur alors que la discussion se prolonge une femme dit “ we have to go now, I am afraid ”. La recherche d’adrénaline est évidente, on touche ici le drame, on devient les premiers témoins.


Les visiteurs s’offrent un frisson, un vertige, peut être aussi une volonté de se rassurer, de conjurer le malheur en se maintenant dans une position favorable. Le contraste entre la misère criante des lieux et ces touristes occidentaux me frappe. Depuis 2006 et la fin du visa obligatoire pour les étrangers, les visites n’ont cessé de croître. “You want protection against radioactivity? Have vodka” et me voilà seul avec mon guide au centre de Prypiat en fin de journée à boire cul sec des shots de vodkas. L’humanité a de l’humour. Je dors à Tchernobyl, dans un hôtel en tôle à l’intérieur blanc immaculé. Pas de lune, la nuit est noire, pas d’éclairage public et surtout pas le moindre bruit, la fin du monde.”

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