Georges Peignard. la tombe du cheval
Un nouveau roman pour cet auteur discret et précis, également plasticien, scénographe, et professeur aux Beaux-arts de Lorient.
25 juin 2026. Isabelle Nivet

Ça fait un moment qu’on voulait vous parler du dernier livre de Georges Peignard, que son éditeur, Le Tripode, nous a envoyé il y a déjà quelque temps. Si votre mémoire est bonne, vous vous souvenez qu’on vous avait déjà dit beaucoup de bien de son précédent roman « Les rochers errants », et à nouveau on va vous inciter à lire Peignard pour le dernier, « La tombe du cheval ».
Derrière sa couverture réalisée par l’auteur lui-même – toujours ce dessin légèrement flouté, à la Miles Hyman – encore, cette fois, on retrouve cette écriture blanche, « à l’os », expression particulièrement pertinente ici puisque le livre s’appuie sur un personnage d’archéologue spécialisée dans les sépultures de chevaux. Volontairement, pas question d’en faire le résumé, c’est un des plaisirs de ce livre d’avancer dans la brume avec cette femme dont on ne connaît rien, pas même le prénom, dans une base retirée, dont on sait à peine où elle se trouve. Peu de contexte, peu de descriptions, le flottement cher à Peignard est là, nous entrainant au fil d’une narration dont on ne se détache pas, la lecture filant en quelques heures, 138 pages, une soirée vous suffira, un voyage brumeux depuis le fond de votre lit.
Comment cet homme-là parvient-il à autant ouvrir nos imaginaires, avec si peu de détails ?
Quelle élégance tout de même. Pour son précédent roman, j’avais tablé sur le fait que l’action se situait en Bretagne, facile pour une lectrice bretonne de se mettre les images en tête. Mais ici, alors même que j’avais pris soin de ne pas lire le résumé en quatrième de couverture, tout un décor s’est imposé à moi dès les premières lignes. De son écriture encore plus simple, qui d’années en années s’autorise à ne pas aller chercher le joli mot, le mot savant, Peignard nous donne des images et des émotions plus sûrement qu’un billet d’avion.
17 €, ce n’est même pas le prix d’un ticket de train, alors on vous souhaite de faire un voyage aussi fort que le nôtre.
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