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Manon liduena

L’effet wombat

La chronique transition qui sait bien s’entourer

La micro-forêt de Manon

En mars dernier, j’ai accompagné les classes de mes filles pour planter une micro-forêt non loin de leur école. Les équipes pédagogiques avaient été sollicitées par la mairie pour réaliser cette action, en collaboration avec les deux porteuses de projet* et une association spécialisée dans la plantation de micro-forêts. Des pelles, des scions*, une grosse motivation enfantine à base de bottes et de bobs, et nous voilà parti.es. Direction la friche derrière le gymnase, un espace d’environ 100 m2.

Hasard merveilleux de la vie, deux de mes cobureaux sont passionnées par le sujet et ont monté leur propre asso pour accompagner la plantation de micro-forêts. Si ça c’est pas du networking de proximité, je veux bien manger mon râteau. J’ai donc posé cette question à Kat & Margaux :

C’est quoi une micro-forêt?

“C’est un principe développé à l’origine par un botaniste japonais, Akira Miyawaki, qui consiste à planter des arbres de façon très dense sur des petites surfaces. La méthode permet à la forêt d’être autonome en 3 à 5 ans, contre 10 à 15 ans en temps normal. Le fait d’être mis en concurrence booste les arbres, qui se tirent vers le haut. Les essences doivent être compatibles, pour qu’elles puissent s’entraider. Miyawaki avait imaginé ce concept pour replanter rapidement des zones dévastées par les tremblements de terre. Il a ensuite été décliné en zone urbaine, au pied d’un immeuble, dans une cour d’école, etc. Le principe existe depuis 20 ans déjà en France – les premières micro-forêts ont été plantées le long du périph, à Paris. L’idée est de s’emparer des petits recoins citadins et de les exploiter. ”

Pourquoi c’est bien ?

“Les forêts apportent fraîcheur et oxygène dans nos villes surchauffées – on l’a subi encore récemment. La présence d’arbres favorise également la biodiversité et la perméabilisation des sols. Et puis, tout simplement, c’est beau un arbre ! “

Comment ça marche ?

“Dans un premier temps, on cherche le terrain – souvent la partie la plus compliquée – puis on le prépare, on le plante avec les essences sélectionnées et on entretient la forêt. Il faut compter entre 5000 et 10 000 euros pour une micro-forêt, selon le travail à faire sur le terrain. C’est un budget plus que raisonnable par rapport au bénéfice qu’il procure à toutes et tous.”

C’est merveilleux comme idée, comment je fais pour m’y mettre moi aussi ?

Plusieurs assos accompagnent les porteurs de projet – elles croulent d’ailleurs sous les demandes. A Nantes, il y a Mini Big Forest , qui monte des projets très solides. On s’est rapprochées d’eux, quand on a lancé “Forêt Voisine” en 2024 ; on a aussi suivi un webinaire avec Boom Forest.

On a remarqué que les mairies s’emparent aussi du sujet, en faisant appel à leurs propres services. À Lanester, à Bois du Château, des micro-forêts ont été plantées dans les cours d’école. Il y en a aussi à Clohars-Carnoët, sur des terrains municipaux, à Grand-Champ dans une cour d’EHPAD. C’est une question de volonté politique.

En ville, il y a une grosse préparation du sol à prévoir. Les terrains dégoudronnés doivent reposer avant d’être exploités – il faut laisser la terre redevenir nourricière. Ensuite, on prépare les essences en fonction du climat, on choisit des scions qui fonctionnent entre eux, on peut même opter pour des fruitiers ou des buissons de baies. Ensuite, c’est de la pédagogie, on crée du lien entre les hommes et la nature. La forêt nécessite du soin, un temps long, mais elle procure aussi de l’admiration et de l’amour.”

Pour l’avoir testé le concept avec mes héritières, je peux vous dire que ça fonctionne. Planter un arbre, ça marque. Et planter une forêt dans son quartier, c’est la possibilité de la voir tous les jours grandir, évoluer. Et c’est probablement l’autre bienfait des micro-forêts : elles nous inspirent et nous rappellent l’aspect vital des arbres sur notre planète.

*La micro-forêt du quartier est l’un des projets participatifs choisis à Lorient en 2026.

*Hop, un nouveau mot ! Un scion est un jeune plant d’arbre, de moins d’un an.

*Avec leur asso “Forêt Voisine”, Kat & Margaux ont commencé à démarcher des entreprises locales, mais il leur manque la compétence technique. L’outil est prêt, si vous êtes intéressé.es, n’hésitez pas à les contacter par mail : foretvoisine@gmail.com

MANON LIDUENA

micro-forêt

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