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Xu Xiaoyan & Pink Floyd. Rock & Painting #4

« Rock & Painting, c’est une série née sur Facebook en octobre 2019 dans laquelle j’associe chaque jour une toile et un morceau de rock. Dans laquelle j’associe mon amour de la peinture et du rock ». Catherine Pouplain. Juin 2020

> Ecouter le titre avant de commencer la lecture

C’est une très grande toile, un carré de 1,50 m sur 1,50 m, une peinture qui représente un chou ! Un chou en très gros plan, géant, plein pot, qui vous explose au nez. L’image est impressionnante, belle, très belle, la gamme de verts assez vifs, percée de rainures roses sur le bord des feuilles, saute aux yeux, vous envahit. Le chou vous avale. Mais qui l’a peinte et surtout, pourquoi ? Ce chou fait partie d’une série peinte depuis le début des années 2000 par une artiste chinoise qui s’appelle – ça ne s’invente pas – Xu (prononcez chou) Xiaoyan. Elle est une discrète et productive artiste née en 1960 à Chengde à environ 200 km au nord de Pékin et diplômée d’une grande école d’art en 1982. Une voie académique, classique, Xu Xiaoyan a un parcours discret et pourtant tellement puissant à la fois. Son fil rouge ? La terre, le sol et tout ce qui en sort. Toute sa vie d’artiste jusqu’à ce jour, elle a tourné son travail vers la terre, la terre-mère, celle qui nous nourrit et celle qu’on maltraite tant. Elle peint la campagne, les paysans, la maternité. Mais c’est en 1995 qu’elle se fait connaître avec une série sur des champs de maïs dont la singularité est de les montrer après la récolte, abîmés, usés, délabrés. Une terre blessée.

Au début des années 2000, elle va aux États-Unis où on lui fait voir des paysages magnifiques mais pourtant, ce qui retient son attention, ce sont des choux. Elle fait des photos et démarre cette série. Le point de vue est moins classique, le regard est centré sur le cœur du légume dont les limites dépassent toujours le cadre, ce qui donne vraiment l’impression d’avoir le nez dessus. Ce qu’elle cherche à travers ces choux, c’est rendre hommage à la vie issue de la terre. Sa peinture, son message et sa volonté artistique sont totalement militants et politiques même si elle ne le revendique pas. Son militantisme est entièrement dans ses toiles. Son atelier est dans une grande banlieue, entre l’urbain et le rural, là où les fossés sont sales et où les ordures pullulent. Ce n’est
pas un problème pour elle. Ce que la société considère comme laid trouve grâce à ses yeux. Elle se moque des canons de la beauté et des arts traditionnels tels qu’on les lui a enseignés. Et reprend à son compte – pour elle, le lumineux et l’obscur marchent main dans la main -les écrits de Rodin sur la laideur :

« Ce qu’on nomme communément laideur dans la Nature peut dans l’art devenir d’une grande beauté. Il n’y a de laid dans l’Art que ce qui est sans caractère, c’est-à-dire ce qui n’offre aucune vérité extérieure ni intérieure.»

Depuis quelques années, Xu Xiaoyan s’est rapprochée des villes, mais avec un point de vue très fort puisqu’elle a choisi justement de montrer les décharges, les fossés d’ordures aux abords des immenses cités chinoises, acte toujours politique puisque pour elle, les villes n’apportent rien aux hommes qui les ont construites et ne participent qu’à détruire la terre. D’ailleurs, ses toiles montrent à quel point le sol est torturé par l’action humaine et le pays dont elle est issue symbolise cette ambiguïté entre développement sauvage et respect aigu des traditions. Xu Xiaoyan nous montre à voir cette dualité et ce paradoxe. Elle est en ça une artiste terriblement humaniste, terriblement en éveil face aux enjeux écologiques.

Pour illustrer cette toile, un titre de Pink Floyd, « Green is the Colour », écrit en 1969 pour le film More de Barbet Schroeder, un must de la culture hippie dans lequel on prend beaucoup de drogue. c’est peut-être pour ça que ce soir, on voit des choux partout…

Une page sur Xu Xiao Yan

Chronique diffusée dans le Rock Club de Radio Balises le 17 février 2020. https://radiobalises.com/

 

 

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