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Dépasser, c’est dépassé. Géraldine en transition

Ce 22 août 2020, j’étais tranquille, j’étais peinarde, accoudée au comptoir, le masque posé à côté de ma bière bio, locale, artisanale, à savourer mes vacances, elles aussi – Covid oblige – locales. L’info est tombée, venant troubler ma torpeur estivale. Cette date à marquer d’une pierre noire est celle du dépassement 2020 de la terre. Impossible de tout oublier, même sous le soleil de Sauzon.

 Le « jour du dépassement de la terre » est ce moment de l’année où la pression humaine sur la planète n’est plus compensée par le pouvoir auto-régénérant de la terre. En gros, on a consommé toutes nos ressources pour l’année, on commence à être dans le rouge.

Pour bien comprendre, la terre produit des ressources. Exemple : les arbres poussent. Mais on les coupe plus vite qu’ils ne poussent. Autre exemple : les plantes absorbent naturellement le CO2, mais nous les humain·e·s, on en produit plus que les plantes ne peuvent absorber. Donc il est rejeté dans l’atmosphère et c’est le réchauffement climatique.

Quand ta rédac-chef n’a toujours pas l’air de comprendre, tu commences à prendre des exemples vraiment concréto-pratiques : « Imagine, Isabelle, tu as 1 litre d’eau à boire pour ta journée de 24 h. A midi tu as déjà bu ta bouteille, enfin ta gourde, de 1 litre. Bon ben il te faudrait le contenu de 2 gourdes pour tenir ta journée quoi. Et bien tu prends dans ta réserve de demain parce que tu as encore soif entre midi et minuit. Au bout du compte, tu mourras assoiffée parce que tu n’auras plus de stock à un moment donné, et tu tiendras 10 ans au lieu de 20… ».

Piocher dans ses réserves, c’est ce que fait l’humanité à la planète depuis quelque temps* et cette empreinte écologique est un indicateur parlant, visuel, pour comprendre les conséquences de notre présence terrestre. Cette empreinte est calculée chaque année par l’ONG Global Footprint Network en s’appuyant sur trois millions de données statistiques venant de 200 pays.

Alors on apprend quoi ? Et bien se dire qu’au mois d’août, on est déjà dans le dépassement, ça fait un peu flipper parce qu’on n’a pas encore rallumé le chauffage. En 2019, le jour de dépassement était le 29 juillet et il nous fallait 1,75 terre à l’échelle mondiale pour assumer notre consommation (avec des disparités nationales). Le jour du dépassement du Qatar était le 22 février, celui de l’Indonésie le 18 décembre. Nous, Français·e·s, on utilise 2,7 terres. Gloups. Moins pire que les Américain·e·s (5 terres) ou que les Allemand·e·s (3 terres) certes mais bien pire que les Chinois·e·s (2,2 terres)…

Si vous avez été des lecteur·rice·s attentif·ve·s, vous aurez remarqué qu’en 2020, le jour du dépassement a reculé par rapport à 2019. Enfin une bonne nouvelle ! Ce recul a l’avantage de nous montrer que c’est réversible. Alors, que s’est-il passé en 2020 qui a pu faire reculer notre impact ? Une prise de conscience écologique, de l’action politique ? Non, un « accident » qui a rendu cette année inédite, un virus qui a permis notamment la diminution de la récolte de bois et des émissions de CO2 provenant de la combustion fossile. Il y a donc fort à parier que, sans préméditation, ce retournement de situation n’est que provisoire. N’empêche que maintenant, on sait que c’est possible. Et si ça changeait tout ?

 

Ce que je retiens.

On a tendance à « regarder ailleurs ». Couper l’eau en se lavant les dents et avoir une gourde, c’est bien. Mais notre petit week-end à Porto, il fait mal à notre empreinte.

 

Le bon outil.

Le calculateur d’empreinte carbone de Global Footprint Network

En changeant les données, on voit apparaître les endroits où on pêche. Par exemple, avec ma vie en immeuble, mon électricité verte, mon alimentation bio mais pas toujours locale, le peu de kilomètres en voiture (Diesel) que je parcoure par semaine et une moyenne de 8 heures d’avion par an entre autres données, je consomme 1,4 planète. J’enlève l’avion, et me voilà à 1,2 planète. Ça marche aussi pour le shopping, l’électronique, la consommation de viande… À chacun·e de trouver son point faible et de voir où il·elle peut s’améliorer.

 

* Le jour du dépassement de mon année de naissance était le 12 novembre. C’est dire à quel point ça va vite ;-).

Parce que la coopérative Biocoop Les 7 épis est une entreprise engagée et militante, elle qui finance cette chronique et nous permet d’offrir une rubrique orientée solutions, dans l’objectif de donner des clefs pour agir…

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