Les frères Pablof. Ma place à table. Théâtre d'objets

• Vu au Théâtre de Lorient, le 19 avril 2018

C’est leur façon de faire, aux frères Pablof. Rencontrer des gens, les questionner, les écouter, les filmer, les enregistrer, puis nous donner à entendre ces paroles en les nappant de leur sauce à eux. Leur sauce, c’est de la musique, de la chanson, de l’image, des histoires intimes, qui se superposent comme dans un plat de lasagnes. Quand les frères vous accueillent à table, ce sont bien eux, quand ils se mettent à raconter,  encore eux et plus tout à fait, la frontière entre comédien et humain est poreuse et c’est bien. Ici, l’acteur ne se transforme pas quand s’ouvre le rideau, d’ailleurs, de rideau il n’y en a pas, sinon ce dérisoire écran, torchon sur l’étagère derrière laquelle les frères font leur tambouille, de la vidéo à la préparation du caramel. Tout se mélange sur cette étagère, l’écran qui diffuse des images enregistrées ou en live : celle du sucre glace qui raconte la neige qui tombe sur la Chapka de l’un, celle des frisures d’oranges que pèle
l’autre, celles d’enfants de familles recomposées, qui racontent comment se passent les repas qu’ils prennent avec leurs frères et sœurs, leurs demis, leurs adoptés, leur accueillis. Tout se mélange dans les histoires de ces deux vrais complices et faux frères, qui parlent en russe ou en portugais, chantent des racines réelles ou imaginaires, planqués derrière des boîtes de sucre Daddy ou des pots de confiture Bonne maman. Ah, la famille…
Boîtes de sucre Daddy et pots de confiture Bonne maman

Pas de rideau qui tombe à la fin de ce spectacle doux et tendre comme un moment passé à la table de la cuisine en regardant ses parents préparer le repas. Pas de rideau mais des assiettes qui circulent vers les spectateurs, quartiers d’orange comme un cadeau de Noël, cigarettes russes comme des madeleines pablofiennes, pain comme un paradis perdu de l’enfance. Alors la parole se dénoue, comme une illustration de cette notion espagnole intraduisible de la sobremesa, ce moment d’après repas, pris sans hâte, juste pour le plaisir d’être ensemble et de continuer la discussion…

ISABELLE NIVET
Juin 2018

Tu me donnes trop envie

Cette phrase, on l'entend chaque week-end quand on rencontre nos lecteurs...Parce que dans le Mémo Culture qu'ils reçoivent tous les jeudis au petit-déjeuner, on leur transmet notre désir. Notre désir de vibrer, de rire, de soupirer, de rêver, de s'émouvoir et de sortir.

Envie d’avoir envie ?

 

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