Ronce-Rose. Eric Chevillard. Bouquin

Par MORGANE THOMAS. Octobre 2017

En entamant Ronce-Rose on pourrait entrevoir de quel bois les enfants sont faits. Et si l'on souhaite feuilleter une fillette, qui serait mieux placé que son carnet secret, pour dévoiler les pérégrinations de son imagination. Elle-même laisse les digressions de pensées alimenter sa curiosité et ce qu'elle pourrait y trouver. Prônant l'abolition de toutes les limites et rendant la liberté aux possibles, elle craint parfois de se vider comme l'encre qu'elle a fraîchement fait couler sur le papier. La petite fait rouler ses billes sur le monde qui l'entoure depuis la fenêtre de sa chambre. Elle analyse des circonvolutions de mésanges, y voit des signes d'agitation stérile dont useraient les volatiles pour se donner une certaine contenance. Avec ses mirettes de fillette, elle tente de cerner les gens qui l'entourent, jusqu'à ce qu'elle s'aperçoive que quelque chose ne tourne pas rond. L'oiseau contrit est alors contraint de quitter son nid, son repaire, pour recouvrer son compère en qui elle croit dur comme « Mâchefer ». Il s'agit à la fois d'un tour sur elle et d'un tour en elle. Tantôt elle flèche son chemin pour être recherchée, tantôt elle se perd pour mieux se retrouver. Forte et fragile, Ronce-Rose a l'âme Chevillard au corps. C'est une écriture délicate posée sur une branche, en équilibre au dessus du vide, et il est doux de se laisser porter par ce vertige raffiné.

Tu me donnes trop envie

Cette phrase, on l'entend chaque week-end quand on rencontre nos lecteurs...Parce que dans le Mémo Culture qu'ils reçoivent tous les jeudis au petit-déjeuner, on leur transmet notre désir. Notre désir de vibrer, de rire, de soupirer, de rêver, de s'émouvoir et de sortir.

Envie d’avoir envie ?

 

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