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La Galerie Mauricio Bergile

On était hier à la Galerie Mauricio Bergile.
On lit cette phrase à voix haute.
On pense.
Blanc,
minimalisme,
sols cirés,
plafonds de quatre mètres,
monographies sur table,
blonde blasée en Yamamoto.
On pense.
Maurizio Cattelan,
banane,
Perrotin,
Art Basel Miami.

On ne pense pas à une petite maison d’un quartier d’une ville moyenne de Bretagne. On ne pense pas à une porte grise s’ouvrant sur un tapis de danse blanc à peine effleuré d’une table sur tréteaux et de quelques plantes. La maison d’Inès Mauricio et Mackenzy Bergile est une installation légère et sans attaches, où le couple vit comme en apesanteur, sans toucher terre, juste eux deux. Pas de cadres Ikea, pas de vide poche en céramique, pas de photos de vacances, pas de ticket de concert coincé dans un miroir, pas de miroir.

Inès Mauricio et Mackenzy Bergile sont amoureux, à l’évidence. Chacun de leurs gestes se dessine dans l’espace comme le complément de l’autre, dans une chorégraphie inconsciente. Placés dans le volume de leur cuisine-atelier-galerie ils sont des œuvres inscrites dans l’espace. Inès et Mackenzy sont traversés par la grâce, la pureté et la sincérité, dans une sorte de confiance en ce qu’ils sont et ce qu’ils font. On entre chez eux et on se transforme en catalyseur, avec ce que l’on est. Avec son corps, son énergie ou ses mots. Entrer dans un lieu recouvert d’un tapis de danse n’est pas anodin, entrer dans un lieu saturé de blanc non plus. On n’est pas la même debout sur le bitume ou sur un tapis de danse blanc. On y devient un point, un contrepoint, un départ, une pièce posée et jouée, un ancrage pour des lignes, une racine pour un mouvement, une énergie, une histoire, des possibles.

Mauricio et Bergile parlent d’écologie, demandent si la danse peut interagir avec l’écologie. On pense aussitôt au marcottage et à la merveilleuse multiplication des végétaux, comment les rhizomes s’étendent, comment les graines s’envolent et se déposent, comment la pourriture devient nourriture… Ils demandent ce qu’est l’essentiel. On voit bien que ce que c’est, l’essentiel ce n’est pas la possession mais la gratuité, l’essentiel c’est notre connexion au vivant, l’essentiel c’est l’énergie qui circule entre les êtres, la rencontre. On voit bien ce que c’est l’essentiel, nous, avec eux, là, sur le radeau fragile qu’est cette table à tréteaux blanche posée sur un tapis de danse blanc, comme flottante. On voit bien que l’essentiel, c’est le vide qui est plein, le rien qui est tout. On a compris ce qu’ils font.

ISABELLE NIVET. JANVIER 2020

Inès Mauricio est une danseuse d’origine suisse. Mackenzy Bergile est lorientais, on l’a vu dans « 20 danseurs pour le XXe siècle» de Boris Charmatz, et on le verra dans son solo «Antienne», au Théâtre de Lorient, du 4 au 7 mai

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