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Ty Roll. Une tyrolienne à Lorient

Parvis de la Cité de la voile, une fin d’après-midi de juillet plutôt chaude, où le soleil s’écrase en nappe blanche et fait flasher les verts et les bleus de la rade. On traverse le cagnard en plissant les yeux, le regard fixé sur ce trait en diagonale qui strie le ciel, un câble de 350 mètres de long sur lequel des silhouettes glissent à intervalles réguliers.

Dans quelques minutes, on sera là-haut, au sommet de cette tour des vents qui a trouvé son usage, base de lancement d’une tyrolienne baptisé « Ty Roll ». On arrive avec le quart d’heure d’avance requis, des hôtesses en tee-shirt orange prennent le groupe en charge, vérifiant que les cheveux longs sont attachés en chignon, les pieds protégés par des baskets, et les téléphones rangés dans les sacs, eux-mêmes dans un casier. On visionne un petit film rappelant les consignes, et direction le tarmac, où les douze baudriers n’attendent plus que nos jambes pour s’y glisser, et les sangles d’être serrées. Chacun se voit remettre un descendeur et le groupe suit docilement la queue de cheval blonde qui danse dans le dos de l’accompagnatrice, dont le regard va de l’un à l’autre pour vérifier que tout va bien.

38 mètres d’escaliers métalliques nous séparent du top départ, « l’équivalent d’un immeuble de douze étages », commentent mes co-équipiers. Le groupe est hétérogène : des enfants de tous les âges, mais le profil plutôt familial, et la parité parfaite : visiblement, les sensations fortes attirent autant les femmes que les hommes. Parmi elles, Margreet, néerlandaise d’une quarantaine d’années, voit son tour arriver avec un peu d’inquiétude malgré le panorama cinq étoiles qui s’offre à nous une fois le sommet atteint, lorsque le souffle est retrouvé : toute la base s’étend sur 360° mais aussi plus loin Port-Louis, Larmor-Plage, Groix, et de l’autre côté Lorient et la rivière du Ter.

Je rassure Margreet en anglais, en lui disant qu’une petite fille de 7 ou 8 ans vient de descendre sans crainte et elle rajoute « and a 90 years woman also ! ». Personne n’a le vertige, la plate-forme bien protégée donne une impression de sécurité, et on a le temps de voir comment ça va se passer : attacher les trois sécurités, monter sur le marchepied de départ, s’asseoir dans son baudrier, attendre que la porte s’ouvre, que les sécurités soient retirées, et hop, ça part tout seul, pas le temps d’avoir peur – Margreet a quand même poussé un grand cri en décollant – c’est parti pour une pure glisse dans le ciel, dans le bleu, dans le vert, l’impression de plonger dans l’eau sans se mouiller. La position du corps définit la vitesse de descente, et on se surprend à avoir envie d’aller plus vite, sauf à l’arrivée, où on se demande comment on va bien pouvoir ne pas se fracasser sur le pylône. On vous laisse la surprise ?

Isabelle Nivet

Un reportage écrit par Sorties de secours pour La Cité de la voile Eric Tabarly. Mise en ligne 18/08/2020

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