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Un ennemi du peuple

Méline est en stage chez Sorties de secours. Nous l’avons emmenée avec nous voir « Un ennemi du peuple », d’Ibsen, mis en scène par Jean-François Sivadier. Avec à la clef une mission : écrire une critique avec ses références et ses ressentis, sans tomber dans le résumé ni dans le « j’aime/j’aime pas ». Mission accomplie : elle nous a livré une page bien tournée, la vision d’une jeune femme de son époque sur une pièce publiée en 1882.

« Un ennemi du peuple », c’est tout un décor. Nous sommes immédiatement plongés dans l’univers humide et froid de la station thermale, lieu principal de l’intrigue. Minimaliste et symbolique, il laisse deviner le lieu et l’espace sans le suggérer complètement. Des toiles transparentes plastifiées dominent la scène par leur taille imposante. En mouvement au fil des actes, elles séparent l’espace et le matérialise. C’est alors tout un jeu qui se construit autour du regard. Ce que l’on peut voir et ce que l’on désire nous cacher, la transparence venant corrompre toute barrière visuelle. Des lustres, constitués de poches d’eau et suspendus tels des gouttes, apportent de la grandeur au décor. La lumière se reflète dans l’eau et fait miroiter l’ensemble telle une galerie des glaces.

Encore de l’eau

L’eau est partout et dans tout ses états. Liquide, elle asperge la scène, le corps des acteurs, les toiles, et jaillit des fontaines. Vapeur, elle se libère dans l’atmosphère et se disperse dans la salle. Son omniprésence en est troublante.
Infectée, l’eau compromet l’activité de la station thermale, principale activité économique du village, ainsi que les projets de prospérité de ses habitants. Initialement bénéfique et profitable, l’eau se retrouve bien vite centre des querelles comme cause de la destruction des personnages.

Les acteurs sont percutants et habités par leurs personnages

Ils incarnent une large diversité de caractères auxquels le public peut aisément s’identifier. Entre le journaliste vénal et influençable, le médecin homme du peuple désireux d’incarner le héros moderne et soutenu par sa fille, l’épouse dévouée et révoltée (mais pas trop), sans oublier le préfet fier et puissant prêt à tout pour endosser son rôle. Le médecin a un rôle décisif en révélant l’insalubrité de l’eau mais deviendra l’ennemi du peuple, accusé de tous et aveuglé par sa bonne volonté.

De nombreuses références à l’actualité parcourent la pièce

Appel à la manifestation et à la rébellion du peuple, elle invite à la réaction tant par des réactions physiques que par la prise de parole tout en rappelant les récents bouleversements politiques des derniers mois. On peut y voir des références à la saga « Hunger Games », où rébellion, propagande médiatique, destruction, corruption et pouvoir priment sur le peuple et ses droits. Katniss Everdeen est ce héros du peuple que les hauts pouvoirs tente de faire taire, à l’instar du médecin Thomas Stockmann. Tout deux défendent le peuple, en vain. On peut également voir cet honnête médecin dans les traits de Starr dans le film « The hate u give ». La pression de ses proches et des médias l’encourage à défendre ce qui lui semble juste et cela malgré toute la haine déversée en retour.
Le spectateur passe du sourire à l’étonnement. Son expression et sa participation sont parfois sollicitées, à l’inverse des protagonistes que l’on fait rapidement taire. L’expression liée au statut social et à un système de classe très présent qui bride les personnages dans des rôles à tenir dans la société.

« Un ennemi du peuple » est une invitation à la réflexion sur notre société et notre politique actuelle. Elle démontre la force de l’expression populaire mais également ses travers et la manipulation qu’elle peut susciter. La prudence et la réserve sont de mise.

Méline JIQUEL

 

 

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