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Le (sur)poids des emballages

Être écolo n’est pas forcément pour les fainéants (même si tout le monde est le bienvenu), on ne peut pas le nier. Parce que quand tu repenses à la caissière du supermarché qui emballait elle-même tes courses dans des sacs en plastique à la caisse – notamment les fruits et légumes que tu avais déjà mis dans un sachet plastique – tu te dis que c’était le bon vieux temps… Rien que d’y repenser, j’ai une petite suée : comment n’ai-je pas trouvé cela totalement aberrant à l’époque ?  

Je les revois, les sacs en plastique qui s’accumulaient à la maison. « On ne va pas les jeter quand même » (on avait déjà une conscience écologique 🙂 !). La grande époque du fantastique plastique. J’ouvre l’album-souvenirs et je me revois aussi au début de mon apprentissage des courses en vrac. Finalement, je revois tous mes « ratés » courses écolo. Quand je suis allée il y a déjà bien longtemps faire mes courses à vélo, mais que dans le magasin, j’ai oublié comment j’étais venue. Ensuite j’ai dû essayer de faire rentrer le contenu de mon chariot dans deux pauvres sacoches. Résultat, je suis rentrée à la maison en vélo, je suis allée chercher ma voiture et je suis revenue récupérer mes courses sous l’oeil goguenard de la vendeuse. Être une femme écolo, ce n’est pas si facile, faire ses courses en vrac, non plus. Au début.

Passer au vrac, étape 1, trouver ses marques.
Il y a cette fois où tu as reposé discrètement ton sachet de pignons de pin, réalisant que tu venais d’en prendre pour 120 euros… Ou quand tu as emmené au magasin tous tes bocaux. La fausse bonne idée. Tu pensais gagner du temps post-courses à ne pas transvaser du sachet au bocal, rentrée à la maison. Par contre, tes courses pesaient une tonne, et comme t’habites au 4e étage… Il y a aussi cette fois où tu as rempli ton bocal de riz avant de faire la tare de ton bocal (du coup j’en fais quoi du riz le temps de peser à vide le bocal ?). Il y a cette autre fois où tu as glissé dans ton tote-bag préféré un pot de confiture rempli d’olives. Et de jus d’olive. Et que tu avais mal fermé le pot. Et puis cette autre fois où au moment de cuisiner ta semoule de kamut, tu as réalisé qu’en vrac, tu n’avais pas les instructions de cuisson. Mais ça c’était avant.

Passer au vrac, étape 2, l’impossible retour en arrière.
Il y a plein de bonnes raisons de faire ses courses en vrac, des bonnes raisons qui font qu’on ne regrette jamais d’avoir franchi le cap. Il y a aussi plein de petits conseils pour que ce soit facile. La première raison, bien sûr, elle est écologique. Un emballage, c’est de l’énergie pour le produire et de l’énergie pour le recycler. Le développement du tri des déchets et du recyclage est évidemment ultra-positif mais peut-être que parfois, il nous fait dévier le regard. « Oh super, la poubelle est quasi-vide ! » Sauf que la poubelle d’emballages dits recyclables est énorme à côté. Quoi qu’on en pense, le plastique est là, bien là et d’ailleurs on finit par le manger  

C’était mieux avant
Si vous vous êtes déjà convertis au vrac, faites le test, une fois. Retournez faire des courses comme avant. Voyez que pour huit biscuits, vous avez un support en plastique pour les contenir, un film en plastique pour les entourer et un emballage en carton encore autour. Pour le marketing. Car oui, les courses en vrac, c’est une autre façon de consommer, on achète un produit souvent brut, peu transformé et on le cuisine soi-même. Plus de jolies images ni de couleurs sur un emballage qui nous influence. C’est ne plus acheter une marque, mais un aliment. C’est un peu comme les courses de Mamie, et c’est chouette.

Je mange ce que je veux
En achetant en vrac, on a aussi une autre vision de la quantité que l’on mange. Est-ce que je mange cette quantité de pâtes parce qu’elle correspond à mon besoin réel ou parce qu’un industriel a décidé pour moi quelle est la norme ? Comment une portion peut-elle être individuelle sachant qu’aucun individu n’a le même appétit ? Enfin, on peut aussi tout simplement tester facilement un nouvel aliment en en achetant juste un tout petit peu. C’est donc aussi moins de gaspillage alimentaire. Peut-être même que le petit effort du vrac (pesée…) nous fait respecter un peu plus l’aliment par rapport à ce paquet de farine qu’on jette un peu négligemment dans son caddie, au cas où. Ce ne serait pas faire ses courses en pleine conscience ça ?

Je fais ma part
Le vrac demande certes un peu d’organisation mais séduit nombre d’entre nous, la preuve toutes les grandes surfaces s’y mettent. Super ! Bien sûr, réjouissons-nous, chaque emballage non-utilisé est une petite victoire. Mais n’oublions pas que vrac ne garantit pas non plus la qualité des produits, tout estampillés bio qu’ils soient (à relire ici : ma chronique sur le bio). Restons donc vigilants sur la provenance de ce que nous consommons, vrac ou vrac. Bien sûr, la pollution individuelle n’est pas celle qui pollue le plus. Mais c’est encore un de ces petits gestes qui nous donnent l’impression, à notre échelle, de faire, en quelque sorte, notre part. Et ça fait vraiment du bien d’être acteur face à notre impuissance générale. 

 

En pratique 

Avoir chez soi un panier ou un grand sac qui contient tous ses sacs à vrac lavables, que ce soit prêt quand on doit partir, pour ne pas se dire « tant pis pour cette fois ». 

Avoir des sacs de tailles différentes pour les fruits et les légumes et pour les graines ou céréales par exemple, pour ne pas acheter de trop grandes quantités.  Parfois, les sacs se remplissent vite avec les distributeurs de vrac dits « à gravité »…

Avoir des contenants type boîtes en verre dans lesquels on peut mettre le fromage à la coupe (même si la Covid change un peu la donne en ce moment sur certains points), le poisson, la viande… Emmener aussi une boîte à œufs et deux-trois pots de confiture pour les olives, le sirop d’agave, le gros sel…

Voir si on ne trouve pas en vrac des alternatives à nos achats habituels : la variété de produits est de plus en plus grande : épices, produits d’entretien, miel, biscuits, croquettes pour chiens… On trouve de tout !

Vider le contenu de ses sacs dans des bocaux (très simples à trouver dans les brocantes et recycleries pour un prix souvent dérisoire), dans des pots de confitures et même dans des bouteilles en verre type jus de pomme : plus étroites, elles font des contenants parfaits pour les légumineuses, les riz, les semoules tout en prenant moins de place dans les placards.

Une bonne vieille bande Dymo est bien pratique pour étiqueter les bocaux (difficile parfois de reconnaître une farine T65 d’une farine de riz) : à la différence des étiquettes autocollantes, ça résiste à l’eau quand on lave le contenant à la main.

Quid des instructions de cuisson ? Elles sont souvent écrites sur le distributeur, on peut les noter sur notre liste de courses ou les prendre en photo et se faire un petit tableau à la maison scotché à l’intérieur d’un placard. Pour les pâtes, le riz, les lentilles… regarder, goûter et retrouver un peu notre instinct.

Et puis sinon, il existe un outil merveilleux : internet. 

Géraldine Berry
IG @geraldineberry_lorient
Imparfaite, incomplète mais engagée, j’essaye de participer au jour le jour à une société plus verte, persuadée qu’une goutte d’eau dans la mer, c’est déjà ça.

Parce que la coopérative Biocoop Les 7 épis est une entreprise engagée et militante, elle qui finance cette chronique et nous permet d’offrir une rubrique orientée solutions, dans l’objectif de donner des clefs pour agir…

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